Les anciens druides n’ont rien laissé de leurs enseignements par écrit. Non pas qu’ils ne savaient pas lire ou écrire. Il est connu que l’alphabet grec était utilisé pour les affaires privés et le commerce. Simplement, la doctrine devait être transmise de : « bouche de druide à oreille de druide ». Ce que nous avons nous vient donc d’étrangers grecs et romains qui ont consigné leurs observations. Certains ont réellement connu les druides , mais plusieurs sources sont des copistes utilisant du matériel écrit par d’autres, souvent ces sources n’existent plus aujourd’hui.  Il semblerait que la plupart des textes ont été perdu avec la chute de l’empire romain au 5ième siècle. Ce qui nous en reste couvrirait à peine dix pages ! Nous examinerons  les auteurs qui ont eu des contacts directes et dans un deuxième temps nous examinerons les copistes.

Posidonius Philosophe Grec

Posidonius Philosophe Grec

Un des premiers auteurs ayant commenté les druides est Posidonius, un grec ayant vécu de 86 à 45 avant notre ère. Il admirait Rome pensant qu’elle représentait les valeurs stoïques.  Cela teinte ses écrits de mépris pour les nations étrangères. Il a écrit une histoire en 52 livres dont aucun n’a survécu. Posidonius a voyager en Gaule environs 50 ans avant la conquête par César. Il s’agit donc d’une observation directe des gaulois et de leurs druides. Si rien n’a survécu il est admis que son œuvre est utilisé comme source chez Timogène, Diodore de Sicile, Strabon et possiblement Jules César.

Diodore de Sicile a vécu de 90 à 20 avant notre ère et a écrit une Histoire en 40 volumes. Il cite lui-même Posidonius comme source et ne nous offres donc pas un récit de première main.

« Il y a chez eux même des poètes lyriques qu’ils appellent bardes ; ces poètes accompagnent avec des instruments semblables à des lyres leurs chants qui sont, soit des hymnes soit des satires. Il y a aussi des philosophes et des théologiens à qui sont rendus les plus grands honneurs et qui se nomment druides. En outre ils se servent de devins à qui ils accordent une grande autorité. Ces devins prédisent l’avenir par l’observation des oiseaux et l’immolation des victimes. Ils tiennent toute la population dans leur dépendance. Mais c’est quand ils consultent les présages pour quelques grands intérêts qu’ils suivent surtout un rite bizarre, incroyable. Après avoir consacré un homme, ils le frappent avec une épée de combat dans la région au-dessus du diaphragme et, quand la victime est tombée sous le coup, ils devinent l’avenir d’après la manière dont elle est tombée, l’agitation des membres et l’écoulement du sang. C’est un genre d’observation ancien, longtemps pratiqué et en lequel ils ont foi. La coutume est chez eux que personne ne sacrifie sans l’assistance d’un philosophe car ils croient devoir user de l’intermédiaire de ces hommes qui connaissent la nature des dieux et parlent, pourrait-on dire, leur langue, pour offrir des sacrifices d’Actions de grâces et implorer leurs bienfaits. Non seulement dans les nécessités de la paix, mais encore et surtout dans les guerres on se confie à ces philosophes et à ces poètes chantants, et cela amis comme ennemis. Souvent sur les champs de bataille, au moment où les armées s’approchent, les épées nues, les lances en avant, ces bardes s’avancent au milieu des adversaires et les apaisent, comme on fait des bêtes sauvages avec des enchantements. Ainsi chez les barbares les plus sauvages la passion cède à la sagesse et Arès respecte les Muses » Histoires V, 31, 2-5 

Strabon a vécu de 63 avant notre ère à l’an 19 de notre ère. Il était un géographe grec et il a écrit une Géographie en 17 volume qui nous est parvenu presqu’en entier. Il a accompagné un préfet romain en Égypte et fait de nombreux voyages. Je n’ai pas trouvé d’indication s’il avait été lui-même en Gaule afin de savoir s’il s’agit d’un témoignage direct ou seulement tiré des travaux de Posidonius.

« Dans tous les peuples gaulois, généralement parlant, trois classes jouissent d’honneurs exceptionnels, les Bardes, les Vates et les Druides. Les bardes sont des chantres sacrés et des poètes, les vates assument les offices sacrés et pratiquent les sciences de la nature, se consacrent à la partie morale de la philosophie. Ces derniers sont considérés comme les plus justes des hommes et on leur confie à ce titre le soin de juger les différends privés et publics. Ils avaient même autrefois à arbitrer des guerres et pouvaient arrêter les combattants au moment où ceux-ci se préparaient à former la ligne de bataille, mais on leur confiait surtout le jugement des affaires de meurtre. Lorsqu’il y a abondance de ces dernières, c’est, estiment-ils, que l’abondance est promise à leur pays. Ils affirment – et d’autre avec eux- que les âmes et que l’univers sont indestructibles, mais qu’un jour le feu et l’eau prévaudront sur eux. » Géographie IV, 4 

Oursin fosile ou oeuf de druide

Oursin fosile ou oeuf de druide

Pline l’Ancien a vécu de 23 à 79 de notre ère. Il a écrit une histoire de Rome et du Monde en 31 volumes dont deux étaient consacrés aux celtes. Malheureusement il n’en reste rien aujourd’hui. Il a aussi écrit Histoire Naturelle en 37 volumes, cette œuvre a survécu jusqu’à nous. C’est dans celle-ci qu’on trouve le récit de la cueillette du gui et la mention de l’œuf druidique ou œuf de serpent. Puisqu’il été en Gaule ses récits sont de première main.

 Jule César, La Guerre des Gaules, est possiblement le texte mentionnant les druides le plus connu. César a vécu de 100 à 44 de notre ère, sa conquête a eu lieu entre 58 et 52. Il a donc été témoin des druides en plus d’avoir eu connaissance de l’œuvre de Posidonius. Vous pouvez lire le texte entier ici.

Ces auteurs sont les plus ancients et ceux qui ont le plus de chance d’avoir eu un contact direct avec des druides. Nous examinerons prochainement, d’autres auteurs qui ont plutôt fait collection de sources diverses, certaines maintenant disparues.