Le mouvement druidique se distingue entre autres par son besoin d’être en nature. Les premiers rites lors du renouveau druidique du 18ième siècle ont eu lieu dans un parc en plein jour. Cela se poursuit encore aujourd’hui ; les rites sont quasi toujours à l’extérieur. Avant le renouveau druidique le peu d’information dont nous disposons nous dit que les enseignements se faisaient dans des clairières ou des endroits reculés. Aucun temple ou lieu d’enseignement n’a survécu pour nous laisser croire que les druides étudiaient et pratiquaient principalement à l’intérieur. Il devait y avoir des lieux intérieurs, ne serait-ce que des grottes, mais ce devait être l’exception et non la règle. Le druidisant et la druidisante moderne a tout intérêt à s’inspirer de ces pratiques et chercher un contact avec la nature.

Sentier en forêt

Sentier en forêt

Les arbres et le druidisme vont de pair, il n’y a qu’à penser aux oghams et au calendrier des arbres pour ne nommer que ceux-ci. La nature a beaucoup à nous enseigner. Contrairement à nos ancêtres qui vivaient beaucoup plus près de celle-ci, nous sommes principalement entourés de constructions humaines. Nous avons accès à des produits frais même hors saison et nos habitations sont très peu sujettes aux intempéries. Saviez-vous que le lait et les œufs sont des produits saisonniers ? Le lait est préservé sous forme de fromage lorsqu’il y a abondance. Aujourd’hui l’industrie contrôle la gestation des bovins et sépare le petit de la mère pour nous permettre du lait à l’année. Les poules diminuent de beaucoup la ponte lorsque les jours raccourcissent. Encore une fois l’industrie contrôle l’environnement des poules en maintenant la lumière artificielle et nous avons accès à des œufs 365 jours par année !

Un potager

Un potager

Comment peut-on se reconnecter au cycle de la nature et intérioriser les enseignements druidiques? Le jardinage est un excellent moyen. La préparation du terrain, choisir le moment propice pour semer et récolter, nous oblige à tenir compte de la nature. Observer les insectes et animaux qui visitent votre jardin vous donnes des indications sur la vitalité de celui-ci. Est-ce un insecte bénéfique ou nuisible ? Comment attirer les aidants naturels et repousser ceux qui gâchent les récoltes ? Nous devenons partenaires de la nature et acceptons de ne pas tout contrôler. De plus, au moment des fêtes druidiques, vous pourrez observer les signes annonciateurs correspondants dans votre coin de pays. Quelles plantes sont en fleurs ? Où est la position du soleil ?

Une autre façon de prendre conscience du cycle druidique dans votre environnement est de marcher régulièrement au même endroit. Notez quand les feuilles tombent, quels types d’arbres bourgeonnent en premier ? Est-ce qu’il a des plantes sauvages utiles sur votre route ? Quel est le meilleur moment pour en faire la récolte ? Quand a lieu de dernier gel ? Le premier ? Vous vous familiarisez avec votre environnement et vous pourrez délaisser un peu la théorie au profit de la pratique.

D’ailleurs, cette pratique pourrait vous apportez des bénéfices sur le plan physique en plus des bénéfices reliés à la pratique d’une spiritualité. La science a commencé à évaluer le bien être apporté lors d’un séjour en forêt. La International Society of Nature and Forest Medicine au Japon se spécialise dans l’étude des effets de la forêt sur la santé. 40 minutes de marche en forêt ou parc urbain réduit le taux de cortisol de façon marqué dans le sang, mais la même promenade en ville ne le réduit pas autant. Cette pratique se nomme bain de forêt ou Shinrin-Yoku et gagne en popularité puisque La Presse et Châtelaine # de Juin 2016 en font mention.

Prenez le temps d’observer votre environnement et de décoder les signes qui annoncent les grandes fêtes druidiques. Pratiquez vos rites et dévotions à l’extérieur tel que le faisait nos ancêtres. Les bénéfices sont multiples et n’oubliez pas qu’une spiritualité se doit d’être pratique, pas seulement théorique !