Le Cad Goddeu ou Le combat des arbres est une poème Gallois compilé au 14ième siècle. Il sert de base au druide d’aujourd’hui pour le calendrier des arbres, les oghams et les propriétés des arbres. Le poème contient environ 248 lignes. Vous pouvez le lire en traduction française à côté de la version galloise sur le site de L’arbre Celtique. Le texte est attribué à Taliesin et se trouve dans le manuscrit Llyfr Taliesin, aussi connu sous le nom de Peniarth MS 2, le manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale du Pays de Galles.

Cad Goddeu à l’origine des oghams

Robert Graves

Robert Graves

Davis William Nash a été un des premiers à croire que le Cad Goddeu pouvait contenir l’alphabet oghamique, mais il a rejeté cette théorie. C’est Robert Graves qui l’a repris en 1948 et a reconstruit un alphabet oghamique en utilisant les arbres mentionnés dans le Cad Goddeu. Plusieurs érudits s’accordent pour dire que le Cad Goddeu dans son entier est un composite, c’est-à-dire qu’il contient plusieurs poèmes différents raccordé ensemble. Vous le constaterez vous-même à la lecture : le combat des arbres n’est qu’une partie du texte.  Il est important de noter que si Robert Grave a le premier déchiffré le combat des arbres et attribué les oghams correspondants, son travail demeure contesté à ce jour, car il ne connaissait pas le gallois et n’a fait aucune étude académique en histoire, mais était plutôt un romancier de talent. Son travail a le mérite d’être inspirant et est utilisé par plusieurs druidisants et druidisantes aujourd’hui. Il faut simplement faire attention et ne pas prétendre que l’utilisation du Cad Goddeu dans la pratique druidique remonte à la lointaine antiquité.

Les combats végétaux

Toutefois, le concept d’une forêt qui se bat, est un concept contemporain des druides de jadis. Tite-Live dans un passage célèbre (Histoire de Rome XXIII, 24) relate un épisode qui ferait bonne figure dans le Cad Goddeu :

« Il y avait une vaste forêt que les Gaulois appelaient Litana, par où le consul Postumius allait conduire son armé. À gauche et à droite de la route, les Gaulois avaient coupé les arbres de telle sorte que, tout en demeurant debout, ils pussent tomber à la moindre impulsion. Postumius avait deux légions romaines et, à partir de la mer Adriatique, il avait levé tant d’alliés que vingt-cinq mille hommes l’accompagnaient sur ce territoire ennemi. Comme les Gaulois s’étaient massés sur la lisière, de l’autre côté de la forêt, dès que l’armée romaine y fut entrée, ils poussèrent les plus éloignés des arbres qu’ils avaient coupés par les pieds. Les premiers tombant sur les plus proches, si instables eux-mêmes et si faciles à renverser, tout fut écrasé dans leur chute confuse, armes, hommes et chevaux. C’est à peine si dix hommes purent échapper à ce massacre. »

Une autre mention d’arbres utilisés en combat se trouve dans Math fils de Mathonwy. Gwydion fait paraître la forêt comme une invasion armé. Honnêtement, dans mes versions française et anglaise il est simplement dit que : Gwydion se leva de grand matin et appela à lui sa magie et son pouvoir. Il n’est pas fait mention spécifique d’une forêt enchanter. Peut-être que la version galloise est plus précise. D’ailleurs dans le Cad Goddeu il est fait mention de la création de Bloddeuwed par Math et Gwydion, une autre utilisation magique des végétaux.

Ce texte est un trésor de sagesse et son utilisation n’a pas fini de surprendre. Je vous en recommande l’étude, puisqu’il est l’origine de plusieurs éléments utilisés dans les pratiques druidiques contemporaines. Son inspiration se fait sentir encore aujourd’hui puisqu’il semblerait que John Williams a utilisé une version du Cad Goddeu traduite sommairement en sanskrit pour sa pièce « Duel of the Fate » dans le film Star Wars : Épisode 1 – La menace Fantôme.