L’histoire des druides est indissociable de celle de leur communauté. La fonction druidique était très importante et cela se reflétait dans le prestige accordé au détenteur du titre. L’histoire ne nous a pas fait parvenir de récit de druide mystique ou ermite vivant de façon isolée, nous les voyons officier des cérémonies, présider des tribunaux, négocier avec des étrangers, enseigner et divertir les gens. Bref, être druide signifie être au service de sa communauté et les services rendus sont jugés assez important pour justifier le prestige accorder à ceux-ci.

Que reste-t-il de cette implication aujourd’hui ? Il existe de nombreuses écoles où faire l’apprentissage du druidisme et certains ont la chance de se joindre à une clairière pour pratiquer en groupe. Cet enseignement demeure le plus souvent intellectuel et rituel. La plupart des fonctions druidiques sont passées dans le monde séculier et nécessite une formation académique : juge, médecin, ambassadeur, astronome, poète, artiste, historien, etc. En ne conservant que l’aspect rituel et intellectuel le côté service à la communauté a souvent été évacué. Nous pouvons être druidisant et druidisante et rester solitaire, un non-sens pour les anciens. Les seuls druides solitaires, l’étaient parce que sous l’emprise de la folie et la plupart des égards dû à leur titre ne tenaient plus.

druide enseignantS’il est utopique de revenir à l’organisation sociale des anciens celtes, comment pouvons-nous appliquer aujourd’hui notre druidisme dans nos communautés ? Si vous avez la chance de faire partie d’une clairière, vous avez la possibilité de bâtir une communauté au-delà de la pratique rituelle et des rencontres sociales. Cela demande beaucoup d’implication et ne vient pas naturellement, mais c’est très enrichissant.

La façon la plus simple de s’impliquer est par le bénévolat ou encore en supportant une organisation caritative qui rejoins nos valeurs. Cette implication peut se faire au niveau de la clairière lorsque tout le monde participe à une action sociale au nom de la clairière ou en solitaire si nous n’avons pas cette chance. Cela rejoint également le principe d’être ouvert et de pratiquer à la face du monde, en plein jour. N’ayons pas peur de s’impliquer en dehors du cercle païen.

Voici quelques exemples de services à la communauté qui rejoignent la sensibilité druidique :

  • Faire une collecte de denrées non périssables pour la banque alimentaire locale. La formule est souvent pratiquée à Noël, mais nous pouvons la reprendre pour Gwyl Awst afin de partager l’abondance des récoltes. Après tout, les gens n’ont pas faim qu’en décembre.
  • Offrir un atelier de conte à la bibliothèque. Les bardes enseignaient et divertissaient à travers les contes. Nous avons une belle occasion de partager un de nos mythes.
  • Si vous parlez une deuxième langue, offrir ses services dans un organisme d’accueil aux nouveaux arrivants. Une belle occasion de se faire ambassadeur de sa culture et faciliter leur intégration dans leur nouveau milieu de vie.

Ce n’est qu’un point de départ, à vous d’y aller avec vos compétences et votre sensibilité. L’important est d’aller vers sa communauté et de s’y impliquer. Vous n’avez pas à vous afficher druide nécessairement. Cette implication fait partie d’un effort afin de préserver l’esprit de service du druidisme et de rendre nos compétences accessibles à la communauté, tout comme les anciens le faisaient.