Les oghams sont une série de symboles constitués de traits droits placés à angle sur une arrête ou une ligne. Ce système est très connu parmi les druides contemporains et nous allons examiner son origine.

La première mention de quelque chose ressemblant aux oghams est faite par Jule César il y a plus de 2000 ans, même s’il n’existe aucune trace d’écriture oghamique sur pierre en France/Gaule. Par contre, si les oghams étaient écrits sur des supports de bois cela explique l’absence d’inscription. Pline l’Ancient fait également mention de quelque chose qui s’apparente aux oghams en Gaule : l’usage de branchette d’if lancé au sol. Possiblement une forme de divination, sans que l’on sache si les branchettes contenaient des symboles…

Les exemples d’inscriptions oghamiques se trouvent en Écosse, au Pays de Galles, l’Île de Mann, Cornwall et l’Irlande, surtout le sud-ouest de celle-ci. Les premiers sets d’ogham contenaient 8 lettres/symboles puis ils ont passé à 14, ensuite 20 et finalement 25 avec l’ajout des Forfeda au moyen âge.

Au Pays de Galles un système appelé Coelbren y Beirdd est très similaire aux oghams même si visuellement il ressemble plus aux runes. Sa première version contenait 14 lettres avant de passer à 26. Les inscriptions se faisaient sur des baguettes de bois et celles-ci étaient ensuite montées sur un cadre. Les instructions se trouvent dans le Barddas, mais cette source n’est pas fiable. Il est connu qu’il y a beaucoup de contrefaçon dans le Barddas. Cela n’enlève pas toutes possibilités que le Coelbren y Beirdd ait existé, mais vaut mieux rester prudent.

Les oghams sont utilisés à travers quasi toutes les écoles druidiques qu’elles soient Britanniques, Bretonnes ou Galloises, mais l’origine est définitivement Irlandaise. Les traces trouvées en Écosse et au Pays de Galles sont probablement dues à des colonies venues d’Irlande. Traditionnellement, les inscriptions se font de bas en haut sur des pierres. Avec le temps celles-ci ont été faites dans des manuscrits, sur support papier, et l’écriture s’est transformée pour un axe horizontal.

Il y a trois utilisations principales de ce système : l’écriture, la divination et une aide mnémotechnique. À notre époque, les oghams sont également utilisés comme calendrier des arbres. Ceci est résolument moderne, car seulement la moitié des lettres fait directement référence à une espèce d’arbre, l’autre étant plutôt une référence poétique. Par ailleurs, la terminologie renvoie au monde arboricole : un groupe de lettre est un feda : forêt. Le terme Feda s’applique seulement aux voyelles, les consonnes sont plutôt nommées tabomnai : côté du tronc, écorce. Une lettre individuelle est un fid, un arbre et chacune des lignes qui composent cette lettre est un flesc ou branchette. Voilà une preuve de la nature arboricole des oghams.

L’origine mythique de ce langage est attribuée à Ogmios and Gaule ou Ogma Grianaineach/Mac Elathan. Ce sont les dieux de l’éloquence et de la connaissance. Le mythos rappelle d’ailleurs Odin et la transmission des runes. L’utilisation des oghams aurait été réservée aux savants et à la noblesse à l’exclusion des rustres et des bergers.

Aujourd’hui le lien entre druide et arbre n’est plus à faire. L’étude des oghams a donc sa place dans toutes les traditions druidiques.